Voilà le début d'un gros week-end. En
effet, nous sommes allés en Touraine pour effectuer, au garage Ligueil
Auto, dont les gérants sont les parents d'Emeline, la mécanique de nos
4L. Nous sommes partis vendredi soir à trois voitures pour un voyage de
200 kms passant par Cholet, Saumur et arriver enfin à Cussay, lieu où
habite Emeline. Nous serons hébergés chez ses parents pour le week-end.
Le samedi matin, dès 8 heures, nous
commençons la mécanique au garage Ligueil Auto sous la direction et avec
l'aide de Jean François, le père d'Emeline. Le plus gros du travail
concerne la 4L DDE de Francky et Morgan qui a une grosse fuite d'huile.
Une seule solution : sortir le moteur. Pour cela on commence par
démonter le train avant. On défait les rotules puis les étriers de frein
pour ensuite pouvoir retirer les cardans. Avec l'outillage d'un
professionnel (arrache rotules, clé à choc et pont élévateur)
l'opération est rapide.
On vide le circuit de refroidissement puis
on retire les durites ainsi que le radiateur. Pour plus d'accessibilité
nous démontons le capot de la voiture.
La fourgonnette de JB et d'Emeline à droit
aussi à de petites réparations. Quelques éléments à remettre en place,
dont le système de fermeture du girafon (partie qui s'ouvre au dessus de
la porte arrière). Nous pouvons voir JB, le nez dans le catalogue, à la
recherche de la référence du filtre à huile, pour effectuer la vidange.
Le moteur de la 4L DDE est prèt à être
sorti. Auparavant nous avons défait les supports moteur droit et
gauche ainsi que le support de la boîte de vitesse situé à l'avant.
Jean-François positionne la chèvre et sangle le moteur. Ca y'est,
l'ensemble moteur-boîte est sorti; content de notre travail nous posons
fièrement devant la 4L complètement dépouillée.
Maintenant que le moteur est sorti, nous
démontons la boîte de vitesse.
Ensuite nous le promenons dehors pour un
nettoyage au jet de la pompe à eau.
Nous profitons pour redonner une nouvelle
jeunesse au démarreur en le démontant. On contrôle les charbons puis on
les nettoie et on remet de la graisse sur les axes.
Nous nettoyons le moteur et les bougies. Nous remplaçons le cache
culbuteurs et la pipe d'admission par d'autres éléments provenant d'une
Renault 5 GTL de 1982 que nous avions récupéré auparavant chez notre
partenaire : ETS Bonhomme. Le but est de remplacer le carburateur
d'origine (un Zenith 28 IF) par un carburateur plus gros (un Zenith 32
IF) pour ainsi (théoriquement) augmenter les performances du moteur.
Comme nous avions une fuite nous démontons le carter d'huile suivi d'un nettoyage
de celui-ci.
Ensuite, pour être sûrs que notre moteur
sera bien étanche, nous changeons tout les joints c'est-à-dire les joints
spi d'arbre moteur et d'arbres à cames, et bien évidement le joint
du carter d'huile. Nous laissons à des mains expertes la mise en place de
ces éléments.
Pour accéder au joint de l'arbre moteur
nous avions dû démonter l'embrayage et le volant moteur. Le remontage
doit s'effectuer avec une clé dynamométrique afin de respecter le couple
de serrage des vis. Les valeurs (50N.m pour le volant et 1.5 N.m pour
l'embrayage) sont données dans les docs techniques. Celle que nous avons,
a pour couverture une 4L de la même couleur (orange pétant) que la nôtre! Ne
pas
oublier que l'embrayage doit être centré avant d'être serré.
Ensuite nous remontons la boîte de vitesse
sur le moteur, mais il ne s'agit pas de la même. Celle ci provient dune
4L fourgonnette qui a la particularité d'avoir des rapports plus courts.
Ceci permet d'avoir de meilleures accélérations (le moteur monte plus
vite dans les tours) et un couple immédiatement disponible. C'est un
avantage dans la pratique du tout terrain et facilite la conduite sur
des surfaces difficile (le sable par exemple) mais en contre partie nous
avons une augmentation de la consommation d'essence et une baisse de la
vitesse de pointe.
Pendant ce temps les amortisseurs
d'origine Renault sont remplacés par des suspensions à gaz KAYABA fournis
par notre partenaire Métropole Dépôt. La principale difficulté est de
comprimer les amortisseurs pour le montage, pour cela nous utilisons une
barre à mine en guise de bras de levier. Le serrage s'effectue à la fin
quand les roues toucheront le sol. La comparaison entre les
anciens et les nouveaux est vite faite les KAYABA sont plus gros et
semblent plus résistant.
Comme nous avions un bruit sourd lorsque
nous roulions, nous changeons les roulements par des neufs fournis par
Métropole Dépôt. L'opération s'effectue avec l'outil adéquate, c'est-à-dire un arrache roulement.
Le moteur est remonté dans la voiture,
nous remontons le train avant avec des bras de suspension de 4L
fourgonnette qui sont renforcés ainsi que des cardans reconditionnés par Dasilva qui proviennent eux aussi de Métropole Dépôt.
Voilà notre fameux carburateur de R5 qui
est démonté nettoyé et remonté sur le moteur. Il est bien plus gros que
celui d'origine et le système de fixation du câble d'accélérateur est
différent, c'est pour cela que nous avions aussi changé le cache
culbuteurs. A noter que nous avons aussi remplacé l'allumeur par un
modèle de Renault 5 car il va de paire avec le carburateur. Le gain de
puissance ne serait pas optimal avec l'allumeur d'origine car la courbe
d'avance à l'allumage ne correspond plus. Nous
avons aussi rajouté sur le radiateur un 2ème ventilateur de refroidissement identique à
celui d'origine.
On remplit d'huile la boîte de vitesse et le moteur ainsi que le circuit
de refroidissement avec du liquide sans oublier de purger l'air présent
(avec un récipient trouvé à proximité).
La voiture est presque finie, il ne reste plus qu'à monter les roues. La
4L avait une jante différente à chaque roue et les pneus étaient
complètement usés. Cependant, nous avions un stock important de roues
car à chaque voiture
qu'on récupérait il y en avait toujours une plus! Au total on en a
amassé une vingtaine ce qui nous a permis de mettre des pneus en bon
état en attendant nos pneus définitifs pour le Trophy. C'est Jean-François,
avec sa machine, qui a démonté toutes les roues pour trier les pneus
et les jantes, un sacré boulot !
Premier tour de clé et... Oui c'est bien des flammes qui sortent du
carburateur. En fait, rien de grave, c'est seulement le branchement de
l'allumeur qui est différent par rapport à celui d'origine donc d'allumage
se trouve décalé. La combustion ne se fait pas dans le cylindre mais
pendant l'admission. Il suffit de mettre le bon branchement et tout
fonctionne correctement.
Dernière chose à faire : remonter le capot. Voilà toute l'équipe de ce
week-end mécanique qui, symboliquement, effectue cette dernière tâche
ensemble. Le travail n'est pas tout à fait fini car il reste à régler le
carburateur et l'allumage mais on est déjà dimanche soir et nous devons
rentrer à Nantes. Nous terminerons la voiture lorsque nous reviendrons
dans 2 semaines. Nous procéderons aux essais et bien entendu nous vous
ferons partager nos sensations sur les nombreuses modifications
(admission, carburateur, allumeur, boîte de vitesse et amortisseurs).
Nous adressons un énorme remerciement à Jean-François et Marie-Christine, les parents d'Emeline, pour leur aide et les nombreux
services qu'ils nous ont fourni, notamment l'hébergement pendant tout
le week-end, le prêt du garage et leur présence pour nous aider à
préparer le 4L Trophy.